Etiquettes : laquelle me colle ?

Mis à jour : mai 27

HPI, zèbres, surdoués, précoces, philo-cognitifs... Lorsque l'on prend le chemin qui ouvre le sujet d'un fonctionnement cognitif spécifique, on se retrouve noyer dans une masse de noms et d'étiquettes difficiles à comprendre et à distinguer. Ici, vous pourrez trouver celle qui vous colle ou peut-être que vous pourrez vous autoriser à n'en choisir aucune de manière définitive...

Je vais utiliser le terme le plus usité aujourd'hui pour définir les profils dont on parle dans cette catégorie d'articles : les Hauts Potentiels Intellectuels (HPI). Non pas par conviction mais pas simplicité.


Le surdoué ?

Alors commençons par l'étiquette qui peut provoquer une extrême pression pour qui la subit : le surdoué ! Le "surdoué" ou la "surdouance" présuppose un don. Un don dans un domaine, peu importe lequel, le sport, la musique, les mathématiques... Or, il arrive que les personnes ayant un profil HPI ne s'illustrent pas forcément dans un domaine spécifique. Certaines sont douées dans un domaine sans y exceller, d'autres le sont dans plusieurs disciplines et certaines ne montrent pas de don particulier. Cela dépend de leurs appétences et également de l'environnement dans lequel elles ont évolués. Il est bien plus facile de devenir un musicien surdoué lorsque l'on a une famille de musiciens qui nous ouvre à la pratique et la rend accessible. Le surdoué renvoie aussi parfois à l'image d'un geek. Là encore, cette représentation peut être loin de la réalité et se coller cette étiquette pourrait impliquer l'obligation de trouver ce pour quoi on est surdoué...


Le précoce ?

Cette définition fonctionne bien lorsque l'on compare un enfant avec ceux de son âge et que l'on note une avance. Mais que devient l'adulte ? Peut-on être un adulte précoce ? Précoce par rapport à quoi ?

Les HPI ont souvent des aptitudes et des comportements paradoxaux. Hyper mature et l'instant d'après ont un comportement que l'on pourrait juger immature. Hyper pertinent et l'instant d'après dans l'incompréhension d'une chose qui parait simple. Le HPI n'a pas une avance, il a une perception différente et fonctionne sur un autre tempo.


Le HPI ?

Tout le risque réside dans le potentiel... Alors oui, les HPI peuvent avoir un potentiel intellectuel et le développer. Ils peuvent avoir développé des compétences spécifiques ou ne pas encore avoir découvert ce fameux haut potentiel. Il est utile de garder à l'esprit que les HPI ne sont pas forcément des personnes brillantes intellectuellement de manière ostentatoire. Elles ne sont pas non plus qu'un QI élevé. Elles sont un mélange d'hypersensibilité et de rapidité de réflexion. Cette définition met donc de côté une grande partie de personnes, celles qui ont une grande intelligence sans hypersensibilité. Une personne peut avoir un QI de 140 sans être considérée comme HPI. Et inversement, une personne pour qui le calcul de QI n'est pas pertinent peut être considérée comme HPI...

Et pour ceux qui se sentent bien, qui acceptent et optimisent déjà leur fonctionnement, est-ce que cela sous-entend que eux aussi ont encore du potentiel à développer ? Comme le terme "surdoué", le "haut potentiel intellectuel" peut impliquer une quête de réussite, des objectifs élevés que ce soit de la part de la personne en elle-même ou de son entourage.


Le zèbre ?

On peut trouver dans ce terme une signification moins oppressante par rapport aux autres qui peuvent impliquer une "supériorité". Là, on met en avant une différence, une singularité en apparence. Pour rappel, un zèbre est un animal "normal" si on écarte les jolies rayures de son physique qui ne sont que de l'apparat. Ce n'est pas le cas des HPI. C'est plutôt l'inverse. Une partie d'entre eux n'a d'ailleurs pas envie que l'on voit leur différence et se sur-adapte. Ce serait plus simple de se construire identitairement s'ils avaient un signe extérieur qui leur indiquait leur fonctionnement particulier. Je reçois des adultes qui souffrent parce qu'ils n'arrivent pas à expliquer leur fonctionnement notamment au niveau de leurs émotions. Ils ont passé leur vie à compenser leurs différences pour "entrer dans le moule". Alors faire un "coming out" et le mettre en avant, c'est complexe. Parfois même rien que le fait d'envisager d'être différent les pétrifie.


Le philo-cognitif ?

Comme son nom l'indique, ce terme suppose que les HPI aiment réfléchir. Indéniablement, ils ont besoin de réfléchir. Cela fait partie de leur fonctionnement. Ils ne peuvent pas vivre sans stimulation intellectuelle. Stimulation qu'ils vont trouver à l'intérieur s'ils ne la trouvent pas à l'extérieur, dans un monde imaginaire ou en se créant inconsciemment des problèmes qu'ils pourront résoudre. Certains ont trouvé comment vivre avec cette avidité de réflexion. Ils utilisent leur besoin de raisonner dans leurs métiers ou dans leurs hobbies.

Combien d'autres souffrent de cette pensée incessante en arborescence ? Combien consultent parce qu'ils n'arrivent pas à faire le vide ? Cela les empêchent de prendre des décisions, de dormir paisiblement, d'avoir confiance en eux...Ils remettent tout en question, cherchent des réponses...parfois même jusqu'à l'épuisement.

Même si on admet que ces personnes aiment penser, où se trouve dans cette terminologie, le volet émotionnel qui les caractérisent ?


On peut entendre parler également de neuro-atypique, multi-potentiel ou encore de laminaire/complexe. Cette dernière distinction fera l'objet d'un prochain article.


Vous l'aurez compris, un HPI, comme n'importe quel autre être humain est complexe, un mélange de capacités, de ressources, de compétences et de potentiels. Et chacun d'entre eux est différent même s'ils partagent des caractéristiques cognitives communes. Alors si l'étiquette est utile pour vous, collez-la ! Si non, ne l'acceptez pas.






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